Smoking or no smocking

« Je suis tellement content : ça y est, j’ai commencé à fumer. Mes copains n’en reviennent pas, ils me disent tous : “mais comment t’as fait ?” Attendez les gars… pour commencer la cigarette, y a qu’un mot : la volonté. » Succulent tableau, signé Gad Elmaleh. Le sketch de l’humoriste va devenir une référence du « non politiquement correct », comme certaines chansons : La Cigarette, de Sanseverino (2004), Cigarette, de Jacques Higelin (1974), Cigarettes and Coffee, d’Otis Redding (1964), ou encore Don’t smoke in bed, de Nina Simone (1964). Ces odes graves ou légères, sensuelles et rebelles, seront diffusées sur FIP mercredi 31 janvier, de 7 heures à 23 heures, dans le cadre d’une journée d’au revoir aussi malicieuse que service public… En effet, le jeudi 1er février entre en application le décret d’interdiction de fumer dans tous les lieux publics, y compris dans les entreprises. L’objectif sanitaire est triple : « mettre fin à la cohabitation forcée entre fumeurs et non-fumeurs », « protéger les salariés et les clients », mais aussi « aider ceux qui souhaitent s’arrêter », comme l’expliquait le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, en septembre dernier.
[L'expresso de Télérama]
ll est d'évidence qu'une mesure anti-tabac s'imposait. C'est le genre de petite mesure fantoche, qui ne sert à rien sauf à jetter de la poudre aux yeux des gens, leur faisant croire que, oui, les politiques font quelque chose pour eux. Certes, c'est une grande et bonne idée que de vouloir préserver la santé de son peuple - ça fait plus d'électeurs potentiels. Mais, premièrement, ça aurait été tellement plus correct (et plus efficace -quand on leur impose quelque chose, on peut être sûr que les Français vont râler) de demander par référendum...Et deuxièmement, ne nous y trompons pas, cette loi anti-tabac n'est qu'un leurre. Combien de cafés, restaurants, discothèques y échappent-ils? Et puis, est-ce réellement la solution pour "mettre fin à la cohabitation forcée des fumeurs et non fumeurs"? J'en doute. Je pense qu'une mesure aussi radicale -interdiction totale- ne peut être que mal acceptée et rejetée en partie. Ce qui est d'ailleurs prouvé par toutes les exceptions citées ci-dessus. Une alternative telle que celle consistant à créer des lieux entièrement non-fumeurs en contrepartie des lieux fumeurs aurait aidé à faire progressivement passer l'habitude de fumer au café ou au restaurant. Peut-être ensuite une supression totale aurait alors été envisageable. Cette solution aussi aurait "aidé ceux qui souhaitent s'arrêter", sans pour autant nuire à la liberté suicidaire de ceux qui veulent continuer à se consumer à petit feu. Quant à la protection "des salariés et des clients", de toute façon, ça fait une éternité que l'on ne fume plus au travail...sauf dans des salles spécialisées, ce qui ne nuit qu'à la santé de ceux qui font le choix d'y aller.
En somme, en théorie je suis tout à fait pour cette loi anti-tabac. Le problème est qu'il me semble que, justement, elle ne va pas faire un tabac (hahaha). Une mesure aussi radicale, bien que bonne, va être ressentie comme imposée, obligée. Or, qui aime mieux que le Français faire jouer sa liberté, râler contre tout et n'importe quoi? A mon avis, une solution plus progressive aurait mieux passé, bien que je ne nie pas que ce soit plus difficile encore (comment déterminer quel café reste fumeur et quel autre non, quand on sait que le chiffre d'affaire risque de différer?), mais après tout, messieurs les politiques, vous êtes payés pour réfléchir, alors faites-le. La prochaine fois...