un instant de beauté dans un tourbillon de soucis
24.03.06
Après six heures de cours horribles passées à ressasser mes souvenirs, à pleurer, tousser, me moucher, et essayer d'ignorer les connes à côté de moi qui critiquent tout et tout le monde, j'avais juste besoin de m'échapper de tout ça.
Juste marcher, en fumant une cigarette, lever les yeux et voir ce qu'on ne regarde jamais. Oublier les gens pressés, les silhouettes noires courbées contre le vent, se laisser emporter. Flâner, observer les gens, les détails, avoir le temps. Prendre son temps.
Parler avec un sans-abris, écouter ses misères, être authentique, le regarder comme un être humain -ce qu'on oublie tellement -, se confier, l'écouter se confier, échanger nos vies, fumer ensemble. Un petit instant bien trop rare de partage et d'égalité.
Repartir, penser, prier, marcher, rêver
aimer?
Passer par une rue devenue familière depuis quelques temps, tourner la tête vers une vitrine rouge, comme d'habitude, avec désillusion, et avoir la bonne surprise de trouver là le seul instant de véritable bonheur de la journée, incarné dans un sourire et un geste de la main. Avoir revu mon bel inconnu. Se dire qu'il est là, dans cette ville, et que je vais le revoir, demain, dans une semaine, un jour. Espérer. Attendre.
Prendre en photo ce que l'on voit tout les jours et qu'on ne regarde jamais. Sentir un souffle d'éternité.
Parler avec un ami qui me dit "je t'aime, tu me manques". Sentir que finalement on n'est pas rien.
Que tout n'est pas perdu.
Que la liberté commence où finit le passé.
Et que, malgré tout, je suis heureuse.