Capri, c'est fini

Publié le par Cilou :

Bon, je sais, le titre est nul. Mais j'allais quand même pas mettre " le lycée c du passé" ,  ou "la prépa, basta" !!! En tout cas, le voilà, le sujet de mon article: dans deux jours, autrement dit dans 5h30 de cours, la prépa est finie. Deux ans de ma vie se sont écoulés. Désormais, à moi les joies de l'université, du RU, du campus, de la BU, des étudiants érasmus, des amphis, etc.

Qu'est ce que j'ai fait de ces deux ans?

La question qui tue.

Merde, deux ans, c'est pas rien.  ...

Je me souviens, avant ma rentrée en prépa, pendant les grandes vacances, j'avais déjà acheté tous les bouquins. Je voulais tous les lire avant septembre. Je pensais que j'allais me retrouver dans une classe d'intellos, qui les auraient tous lu, eux. Alors pleine de bonne volonté, résolue à jouer le rôle de la fille sérieuse et travailleuse que je ne suis qu'à moitié, je les feuilletai distraitement sur la plage. Pour finir, je les ai jamais lu, ces fameux bouquins, et la plupart des gens de ma classe non plus.

Pareil, j'avais tellement peur de devoir être sérieuse que je m'étais acheté un agenda super simple, bleu foncé, uni. Alors que les années précédentes j'avais toujours adoré choisir mon agenda avec le plus grand soin, le décorer, le mettre à ma sauce, quoi.

Mes bonnes résolutions ont peut être tenues une semaine. Pas plus. La prépa, c'est pas si sérieux, et c'est tant mieux!! Première interro, en culture gé, avec M. Gsell, sur Le siècle des intellectuels de Michel Wynock (faut savoir que ce bouquin fait au moins 500 pages!), on s'est tous débrouillés pour avoir les copies de ceux des années précédentes (le prof, pas très fine mouche, fait la même interro tous les débuts d'année). Résultat, jamais une classe n'a eu une aussi bonne moyenne! Ce qui était vraiment très louche..tellement louche que le prof, oh miracle qui n'était jamais arrivé, a changé son interro l'année d'après! pas de bol pour les suivants!

Et puis, toutes les ptites soirées qu'on s'est fait en cours d'année... La soirée d'inté, pour commencer. L'hymne de la prépa que nous a appris la prof de philo, qui m'a paru complètement timbrée au premier abord  (Vara tibi khagna!!!!). Les soirées au Rouge. Celle où le prof d'histoire est venu, alors que la plupart d'entre nous étions complètement bourrés! Et on a enchaîné sur une nuit blanche, et un cours d'histoire antique complètement embrouillé: je me souviendrai toute ma vie de la lettre qu'un roi minoen a envoyé à un achéen à propos d'un esclave appelé Talagalawa, ou quelque chose comme ça. La soirée de fin d'année chez Anne, où les plus courageux se sont baignés dans la piscine au milieu de la nuit.

Autre souvenir beaucoup moins marrant: les cours d'espagnol. L'horreur. La TORTURA ;) !! Le pire du pire, c'était le jeudi matin, quand on avait interro de fiche. Ah, qu'est ce que j'ai pu hair les jeudis!! On arrivait, mal réveillés dans la salle 123. La plupart des gens avaient déjà leurs fiches à la mains, traumatisés. J'essayais d'arriver suffisamment tôt pour pouvoir m'asseoir en bout de rangée, planquée derrière le rideau: ça m'empêchait pas d'être interrogée, mais au moins j'évitais à peu près le regard fusillant du prof (que voulez vous, j'étais lâche!). Le prof.... quand il arrivait avec ses trois sacs blindés de vieilles feuilles de papier, les lâchant d'un coup sur la table, nous faisant tous sursauter... arg. J'avais beau m'en foutre de l'espagnol, j'ai detesté ces heures-là.

Le début de la prépa, c'est aussi les khôlles. Les premières, on flippe. Beaucoup. J'ai eu la chance de commencer avec la philo, avec une jeune prof sympa, avec un sujet pas mal... donc ça m'a pas traumatisé. Et puis ensuite, c'est fou comme on s'habitue. On devient capable de parler de tout et n'importe quoi pendant 1h.

Ce qu'on apprend surtout en prépa, en fin de compte, c'est la débrouille. Surtout quand on refuse de passer son temps à bosser, comme moi.

Mais la première année de prépa, j'étais encore super à fond, optimiste et tout: ça a donc surtout été l'émerveillement, la découverte, l'appréhension aussi un peu, la rencontre avec des gens supers, les débats à propos de l'actualité (notamment la constitution européenne, à la cantine, qu'est ce qu'on a pu en parler autour de nos plateaux repas poisson pané-brocolis!!). J'étais super naive en arrivant en prépa, je me figurais que tous les gens que j'allais côtoyer seraient limite des demi-dieux, des gens "intelligents" .

Bon, ok, c'est vrai que j'ai beaucoup appris. Je pense avoir justement appris à être plus critique, plus réfléchie, j'ai appris à analyser. A penser, à propos de moi même et des autres.

Et puis, à la fin de l'année, combien de fois ai-je répéter "non, je ferai pas une deuxième année"...?

Finalement, au dernier petit concours, je veux leur en mettre plein la vue à tous, je bosse vraiment (pour une fois) j'obtiens des supers notes et je finis 3e au classement. Donc je passe sans problème en 2e année...

Résultat: je me dis que je vais y aller un peu, et si je craque, je me casse à la fac. Je suis restée. Ca a pas été facile pourtant.

Autant la première année m'a plu, autant la deuxième m'a déçue... Sans doute que la perspective du concours de l'ENS a la fin de l'année a fait taire les esprits fêtards. Toujours est-il que je garde des souvenirs beaucoup moins heureux de cette deuxième année. D'autant plus qu'au niveau personnel, ça allait pas super fort non plus.

Mais bon, en deux ans, je crois que j'ai changé, et la prépa n'y est pas pour rien. J'ai vécu plein de trucs, des bonnes choses comme des mauvaises. Je suis tombée amoureuse, j'ai vécu quelques jolies histoires d'amour et d'amitié, certaines ont durées, d'autres pas, j'ai connu le deuil pour la première fois, j'ai appris des pages et des pages de cours plus ou moins utiles, j'ai découvert les joies de la géologie, de l'histoire médiévale, de la Baltique etc. J'ai renforcé mon projet de devenir journaliste. J'ai eu l'occasion de découvrir des filières que je ne connaissais pas. J'ai fait la fête, beaucoup. J'ai commencé à fumer. J'ai eu ma première expérience du travail.

Bref, j'ai grandi.

En deux ans, j'ai fait plein de trucs finalement. Ma vie a énormèment changé depuis tout ce temps. Et la prépa, faut bien le dire, ça m'a pas mal influencé. J'ai parfois tendance à me trouver presque snob, élitiste....

Mais bon... ça reste tout de même une bonne expérience, que je ne regrette pas. Maintenant, reste à espérer que j'ai mon année pour aller en licence d'histoire, et faire la fête samedi !!! :)

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Publié dans ma vie et moi

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M
ah ma tite Céc'!!!<br /> j'ai adoré ton article...et je suis entièrement d'accord avec toi, la prépa a été une expérience magnifique, inoubliable, et qui a changé énormément de choses dans la vie de chacun, même si, ça n'a pas toujours été la joie...encore moi pour toi, je regrette de ne pas avoir été assez présente pr toi cette année, malheureusement, on ne s'est pas beaucoup vu, à cause de nos différentes spécialités...mais on s'est bien rattrapé sur la fin de l'année!!!<br /> je tiens à te dire que je te considère réellement comme une amie, une fille géniale que jamais je n'oublierai!!! tu comptes énormément pr moi...et je ne veux pas qu'on perde contact!!!! <br /> énormes bisous à toi ma tite poulette!!!
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