le journalisme, ou l'apologie du masochisme.
Je voudrais devenir journaliste.
Oui, oui, vous avez bien lu. Journaliste. Et apparemment, je ne suis pas la seule, le journalisme faisant partie des voies professionnelles qui ont attiré le plus de jeunes ces dernières années, malgré la crise que la profession traverse.
Pourquoi est-ce que ce métier attire tant?
Je pense que la plupart des gens ont une idée fausse de ce qu'est un journaliste, idée qui nous vient tout droit de l'univers télévisuel (exactement comme on a une idée fausse de ce qu'est un chanteur, et, a forteriori, un artiste, véhiculée par des émissions comme la nouvelle star ou star academy). Un journaliste n'est pas une star, quelqu'un qui a une vie extraordinaire, qui présente le JT ou qui part en reportage à l'autre bout du monde. Ce n'est pas un personnage de film comme nous le montre tant de films récents où l'héroïne est journaliste.
Un journaliste, je pense que c'est d'abord quelqu'un qui galère. Quelqu'un qui n'a pas peur de passer des heures à travailler, parce que rien que pour accéder à l'une des neuf écoles reconnues par la profession, décrocher des stages, s'intégrer dans une rédaction, écrire des piges pendant des années, etc.; et bien il faut être motivé. Le travail de journaliste est un travail de fourmi, un travail dans l'ombre, au service du public, et non pas une existence strass et paillettes.
C'est un métier dur, donc.
Mais passionant. On apprend chaque jour de nouvelles choses. On développe des relations intéressantes. On essaye d'étendre l'information et la culture pour qu'elles soient accessibles au plus grand nombre. On est un peu comme des médiateurs, en fait, entre l'information et le public. Notre rôle n'est donc pas de donner notre avis, mais de transmettre. De donner. De permettre aux gens de SAVOIR, et donc de CHOISIR. Franchement, quoi de mieux que de transmettre des connaissances, que de donner aux gens la capacité de devenir des citoyens actifs et la possiblité de faire des choix en toute connaissance de cause?
Voilà pour quoi j'accepte de travailler comme je le fais. Parce que ce métier-là, j'en rêve. Malgré tous les défauts qu'il peut avoir. Malgré le manque d'avenir qu'il a actuellement. Que va devenir la presse? Il est en effet urgent qu'elle se renouvelle. Les gens lisent de moins en moins, et l'on assiste à un désintérêt général pour la presse écrite. Par ailleurs l'avénement de la presse électronique ou de la presse gratuite n'arrange rien. Il est donc urgent de trouver des solutions, d'engager des journalistes jeunes, énergiques et motivés (moi, donc !). La presse d'aujourd'hui se doir de répondre aux attentes du public, et donc elle doit évoluer. Devenir plus ludique, plus accessible au grand public sans pour autant abaisser le niveau intellectuel. Devenir, en un mot, plus attrayante.
Je ne pense pas révolutionner le journalisme, mais je souhaite apporter ma contribution dans l'édifice de la presse nouvelle qui émerge en ce moment. Tout simplement parce que je considère qu'un monde sans information n'est pas vivable: de citoyen l'on redeviendrait bête.