Premières primaires en France : un "débat" policé
Hier soir les trois candidats PS pour les Présidentielles se sont retrouvés sur le plateau de la Chaîne parlementaire et de Public Sénat, pour un débat en direct. Après des mois de pré-campagne avec des candidats supposés ou attendus tels que Lionel Jospin, François Hollande ou Jack Lang, ils ne sont plus que trois à vouloir affronter au printemps le candidat de l'UMP : Laurent Fabius, ancien premier ministre, Ségolène Royal, présidente de Poitou-Charentes, et Dominique Strauss-Kahn, ancien ministre. L'organisation même des débats représente théoriquement une victoire de Strauss-Kahn et Fabius, qui plaidaient depuis des mois pour une confrontation visant à faire connaître le "fond" des propositions avant le vote des militants, les 16 et 23 novembre. Julien Dray, porte-parole du PS, proche de Ségolène Royal, a fait valoir que le PS était "le seul parti en France, peut-être même au monde, à organiser de telles primaires, en toute transparence".
[source: Le Monde]
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J'ai voulu agir en citoyenne active. J'ai allumé ma télé hier soir afin d'entendre ces trois candidats. Je me suis dit que peut-être ça éclaircirait la situation dans ma tête, et qu'à la fin, je saurais un peu mieux quoi penser de la situation politique française. Que peut-être je comprendrai pourquoi il y a tant de divergences entre des gens appartenant pourtant à un même parti (à part la soif personnelle de pouvoir, j'ai du mal à comprendre leurs motivations...).
Je me suis donc installée devant mon poste courageusement, prête à entendre les habituelles promesses électorales, les engueulades entre candidats, la mauvaise foi etc. Comme presque tout le monde, la politique me déçoit autant qu'elle me fascine.
Autant que je me souvienne, le "débat" (si on peut appeler ça un débat étant donné que chaque candidat monologuait dans son coin face aux journalistes censés représenter l'opinion publique) était plutôt bien organisé: trente minutes de paroles pour chaque candidat, ordre de parole tiré au sort, traitement des sujets sensibles les uns après les autres.
Mais justement, j'ai trouvé ça un peu trop formel. Les candidats se répétaient, que ce soit entre eux ou tout seuls, ils rabâchaient les mêmes choses. Paradoxalement ils essayaient bien sûr de se mettre individuellement en avant. Bref, rien de neuf, toujours la même déception. Certes, ils ont des bonnes idées, mais de là à les appliquer...on n'y croit plus.
J'ai fini par me lasser de les écouter, ils m'ennuyaient. Pas un seul des trois n'a réussi à capter mon attention. Pourtant ça devrait être le but non? Là, on aurait dit de vieux profs tristes et aigris, qui ne sont même pas convaincus eux même de ce qu'ils disent, mais qui font des promesses parce qu'ils savent très bien que c'est le seul moyen de s'en tirer. Moi, je n'ai vu aucune passion hier soir. Aucune envie.
J'ai fini par zapper sur la une et regarder le foot. Comme la plupart des citoyens français. Les joueurs de foot mettent tellement plus de passion à défendre leurs intérêts qu'il ne sert à rien de se demander pourquoi le foot rassemble tellement plus de gens que la politique... Remettez-vous donc un peu en question, Mesdames et Messieurs candidats. Sortez de vos bonnes manières figées et passionnez de nouveau la France de politique, comme elle l'a si souvent été de part son histoire.
Sinon, on va finir par élire des joueurs de foot.