Happiness
Y'a des jours comme ça où tout va bien. Le bonheur n'est qu'une suite d'instants fugaces, dont ma journée fut constituée.

Tout a commencé par un long et moelleux réveil tardif, sans sonnerie brutale venant me tirer de mes rêves. J'ai émergé lentement, comme on a l'occasion de le faire uniquement les jours où l'on a si peu d'obligations que l'on a l'impression de vivre au ralenti. Je me suis confortablement installée devant la télévision avec un café, enroulée dans ma robe de chambre, avec l'insouciance de celle qui sait qu'elle a le temps. Puis, une fois un peu mieux réveillée, j'ai lu en détails plusieurs articles de revues et de journaux. C'est tellement agréable de prendre le temps de tout comprendre, de s'arrêter dans sa lecture pour y réfléchir et de ne reprendre que quand la curiosité nous assaille.
Après un long calin à mon chat, je me suis enfin levée du canapé pour aller faire le repas de midi. Oui, il était déjà midi. J'adore cette impression que le temps passe à la fois si vite et si lentement, lorsque l'on ne fait rien de spécial mais que l'on se laisse aller à des activités inutiles et qu'on ne fait jamais les jours normaux.
Après manger, j'ai encore pris le temps de retrouver un moment la tiédeur de mon lit et d'y lire en paix en écoutant de la musique. Puis j'ai pris ma douche et un bus m'emmenant au centre-ville. Je me suis promenée, j'ai observé les gens autour de moi, les gargouilles de la cathédrale au soleil, la porte rouge d'un magasin que j'aime, les terrasses des cafés et les jolis garçons. Je suis allée chercher mon sac chez le cordonnier, heureuse de le retrouver comme neuf. Puis je me suis dirigée vers la fac. J'adore traverser le pont qui y mène, observer le Temple des amours et les cygnes qui nagent lentement. J'aime les lampadaires tourneboulés, très XIX siècles, que personne ne regarde jamais.
Une fois à la fac, je m'arrête sur le parvis fumer une dernière cigarette, et là, je remarque des affiches placardées partout: "en hommage au décès de M. ... dans l'accident de train du mercredi 11 octobre, l'UFR Sciences Humaines et Art sera fermé mercredi 18 octobre". Certes, c'est assez horrible de s'en réjouir. Mais qui ne le ferait pas? Je suis contente de pas avoir cours demain, pas que ce monsieur inconnu soit mort. Je lui rend hommage de m'avoir épargné un mercredi de cours, ma pire journée!
Bref, il est l'heure d'aller en cours. Le prof à l'accent espagnol enchaîne deux heures marrantes sur la pratique du duel sans s'arrêter pour nous lâcher un peu plus tôt. Donc me voilà libre à 7h moins 10.
Une fois rentrée je me jette sur l'ordinateur: normalement j'ai dû recevoir la correction de ma synthèse pour l'ESJ!!
Et là.... quand je vois ma note....
...C'est le point d'orgue de cette belle journée! 13/20 pour un premier devoir, qui plus est fait très rapidemment car j'étais en retard sur le programme, je trouve ça pas mal! Bref, là, j'ai vraiment le sourire. Cette fois je me dis (en y croyant)que je peux l'avoir, ce concours! Je me le suis tellement répété sans y croire... Maintenant je crois un peu plus en moi, et ça fait du bien. Bien sûr que rien n'est joué, mais voilà, je me dis que j'en suis capable.
Pardon pour ce déversement de bonheur égoiste, mais ça fait tellement de bien parfois :)