Le Petit Prince a dit - Christine Pascal.

Publié le par Cilou :

Synopsis
Violette, une fillette débordant de vitalité et élevée par sa grand-mère, voit ses parents divorcés, Adam et Mélanie, un week-end sur deux. Se plaignant de douleurs à la tête, elle passe des examens médicaux. Son père médecin apprend alors que sa fille a une tumeur cérébrale et qu'il ne lui reste plus beaucoup de temps à vivre. Il l'enlève et part avec elle sur les routes, découvrant à ses côtés des valeurs oubliées.

Commentaire de film réalisé pour l'ESJ - compte rendu des événements par Mélanie, la maman de VIolette:

Violette a toujours été maladroite. Un peu pataude, étourdie. Un peu ronde aussi, c’est vrai. C’est une bonne vivante, ma fille. Elle est gourmande et drôle. Evidemment Adam, lui, dit qu’elle mange trop et qu’elle manque d’attention.

Quand je lui ai parlé de troubles chez Violette, c’est tout ce qu’il a trouvé à me répondre. Ses vomissements ? Elle mange trop. Son mal de tête ? La croissance. Il a bien sûr laissé entendre que Violette était perturbée par le divorce. A mon avis, si elle est perturbée c’est par Lucie, la nouvelle compagne d’Adam. Mais il ne s’agissait pas de ça. 

 C’est pendant une semaine passée avec elle que j’ai commencé à avoir peur. Violette était plus maladroite que d’habitude, elle manquait d’équilibre, se plaignait d’avoir mal à la tête et aux yeux, elle avait de fréquents vomissements. Quelle mère ne se serait pas posée de questions ? Et puis, je l’avais emmenée voir Marie. C’est elle qui m’a dit de prendre rendez-vous d’urgence à l’hôpital. Elle n’est pas bornée, elle, quand elle sait qu’elle ne peut rien, elle laisse faire les médecins. J’étais vraiment inquiète, alors Adam a promis de s’en occuper, à contrecoeur.

J’ai du partir à Milan pour répéter une pièce. On avait enfin trouvé un théâtre qui accepte de nous laisser jouer, je ne pouvais pas refuser, c’était une occasion unique. La pièce me plaisait, on travaillait beaucoup. J’avais presque oublié cette histoire d’hôpital. Que voulez-vous, avant que ça nous tombe dessus, on n’imagine jamais le pire. On pense que ça n’arrive qu’aux autres.

C’est par un coup de téléphone en pleine répétition que…la tragédie est passée de la scène à ma vie. Je n’ai jamais pu jouer le texte de Copi.  Comment déclamer  « je pensais la marier » quand votre propre fille va mourir ?

Au début, on ne peut que pleurer. « Mais qu’est ce qu’ils vont lui faire à l’hôpital ? » Lucie me l’expliquait dix fois par jour. Comment peut-on accepter ? « Ce n’est pas ma fille », m’a répondu Lucie quand je l’ai trouvé tellement raisonnable. Elle m’a raconté qu’Adam et Violette étaient partis. « Je sais où ils vont aller » lui ai-je dit. Car quel meilleur refuge que notre maison en France ? Une maison synonyme de vacances en famille. Un vrai cocon protégé du monde extérieur. Lucie et moi avons fait nos valises et nous sommes parties.

Et ils sont arrivés. J’ai croisé le regard d’Adam sortant Violette endormie de la voiture. On n’a pas besoin de mots dans ces moments-là. On s’est retrouvé unis comme on ne l’avait pas été depuis longtemps. Unis par l’amour pour notre fille et notre lutte pour continuer à vivre. Violette m’a même demandé, pleine d’espoir, « vous dormez là, Papa et toi ? » quand elle m’a aidé à faire mon lit. Elle m’a fait remettre la robe rouge que je portais il y a des années. La vieille maison de vacances avait presque un effet rajeunissant. On se retrouvait à faire des batailles d’eau en riant comme des gamins.

Mais rien n’était normal. Il n’est pas normal pour un parent d’accompagner son enfant vers la mort. Il a suffit d’une réponse maladroite à Violette qui me demandait de quoi est morte son arrière grand-mère pour je bascule de nouveau dans la réalité. Non, Violette ne mourra pas de vieillesse « comme toutes les femmes de la famille ». Je me bats avec chaque détail.

Et puis la présence de Lucie brisait l’harmonie. Même Adam en semblait agacé. Je crois qu’il savait autant que moi qu’elle n’avait rien à faire là. Elle était en dehors. Elle est partie après la fuite du chien. Avec Violette, j’ai allumé des bougies  pour qu’il revienne. C’était si important pour elle. Elle m’a demandé si les prières fonctionnaient aussi pour les humains : « Oui ma Violette, parfois ça marche même mieux avec les humains ». Le chien est revenu.

Et ma fille s’endort.

 

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Publié dans Culture

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