L'élégance du hérisson
L'élégance du hérisson, de Muriel Barbery, ça commence comme ça:
[Marx (préambule)]
1.Qui sème le désir
[Marx (préambule)]
1.Qui sème le désir
_Marx change totalement ma vision du monde, m'a déclaré ce matin le petit Pallières qui ne m'adresse d'ordinaire jamais la parole. Antoine Pallières, héritier prospère d'une vieille dynastie industrielle, est le fils d'un de mes huit employeurs. Dernière éructation de la grande bourgeoisie d'affaires -laquelle ne se reproduit que par hoquets propres et sans vices-, il rayonnait pourtant de sa découverte et me la narrait par réflexe, sans même songer que je puisse y entendre quelque chose. Que peuvent comprendre les masses laborieuses à l'oeuvre de Marx? La lecture en est ardue, la langue soutenue, la thèse complexe.
Et c'est alors que je manque de me trahir stupidement.
_ Devriez lire l'Idéologie allemande, je lui dis, à ce crétin en duffle-coat vert sapin.
Et c'est alors que je manque de me trahir stupidement.
_ Devriez lire l'Idéologie allemande, je lui dis, à ce crétin en duffle-coat vert sapin.
***
En fait, c'est l'histoire de deux personnes plus intelligentes et cultivées que la moyenne enfermées dans des rôles qui ne leur conviennent, parce qu'elles vivent au beau milieu de ce qu'on appelle l'élite: grands bourgeois, critique gastronomique, enfants à Science Po ou HEC.
"Je m'appelle Renée, j'ai cinquante-quatre ans et je suis la concierge du 7, rue de Grenelle, un immeuble bourgeois. Je suis veuve, petite, laide, grassouillette, j'ai des oignons aux pieds et, à en croire certains matins auto-incommodants, une haleine de mammouth. Mais surtout, je suis si conforme à l'image que l'on se fait des concierges qu'il ne viendrait à l'idée de personne que je suis plus lettrée que tous ces riches suffisants.
Je m'appelle Paloma, j'ai douze ans et demi, j'habite au 7, rue de Grenelle dans un appartement de riches. Mais depuis très longtemps, je sais que la destination finale, c'est le bocal à poisson, la vacuité et l'ineptie de l'existence adulte. Comment est-ce que je le sais? Il se trouve que je suis très intelligente. Exceptionnellement intelligente, même. C'est pour ça que j'ai pris ma décision: à la fin de cette année scolaire, le jour de mes treize ans, je me suiciderai. "
"Je m'appelle Renée, j'ai cinquante-quatre ans et je suis la concierge du 7, rue de Grenelle, un immeuble bourgeois. Je suis veuve, petite, laide, grassouillette, j'ai des oignons aux pieds et, à en croire certains matins auto-incommodants, une haleine de mammouth. Mais surtout, je suis si conforme à l'image que l'on se fait des concierges qu'il ne viendrait à l'idée de personne que je suis plus lettrée que tous ces riches suffisants.
Je m'appelle Paloma, j'ai douze ans et demi, j'habite au 7, rue de Grenelle dans un appartement de riches. Mais depuis très longtemps, je sais que la destination finale, c'est le bocal à poisson, la vacuité et l'ineptie de l'existence adulte. Comment est-ce que je le sais? Il se trouve que je suis très intelligente. Exceptionnellement intelligente, même. C'est pour ça que j'ai pris ma décision: à la fin de cette année scolaire, le jour de mes treize ans, je me suiciderai. "
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Muriel Barbery raconte l'histoire de ces deux fors intérieurs de façon amusante et polémique, dans un langage châtié parfois lassant, mais souvent agréable. Certains passages sont un peu longs, certaines réflexions un peu faciles, mais l'on finit par s'attacher à ces deux personnages, qui vont trouver leur voie en en rencontrant un troisième, révélateur de leur vrai nature. Ce livre fait réfléchir sur la perception de soi et des autres, et sur la facilité que l'on a à juger les gens en fonction de nos préjugés sociaux.
Mon avis: mauvais - moyen - bien - très bien.
Mon avis: mauvais - moyen - bien - très bien.
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