Humeur du jour - Lettre à ma soeur
Frérot adoré,
Je prie très fort pour toi et pour que tu ne sois pas bassinée par Jérôme-le-Jeune et ses "si tu veux". Je bois mon Kafka en robe des champs, comme une pomme de terre que je ne suis pas, j'ai terriblement la flemme d'aller prendre ma douche, jsuis démotivée au possible, même pour me rendre potable. En plus, là, dès le réveil, "ça va mal", si tu vois ce que je veux dire. Je me confonds avec une piste de ski alpin. En haut les Alpes, en bas les Pyrénées. L'horreur. Vivement samedi, et pourvu que ça aille mieux. J'en ai marre d'être tout le temps démotivée. J'ai vraiment l'impression que tout fout le camp. Y'a des jours comme ça...Même aller faire les soldes, ça me tente que moyennement. Pourtant on peut pas dire que je ne suis pas une dépensière acheteuse compulsive. Voyons les quelques ternes motivations qui agitent ma vie... 1) passer mon code, je vais avoir le temps et aucune excuse pendant mes trois semaines de vacances-non-méritées. 2) maigrir (sisisi) c'est stupide mais nécessaire. 3)arrêter de larmoyer sur mon sort (ça va être dur). 4) et si avec tout ça je ne trouve toujours pas une jolie silhouette pour teinter mon horizon de rouge-piment ou de rouge-romantique, c'est que mon cas est réellement désespéré. Antoine the First a même pas daigné répondre à mon stupide mais néanmoins gentil petit mot. Normal, il doit garder un souvenir exécrable de moi. Bref, aujourd'hui je vois tout en noir. J'ai même l'impression que ça fait des années que tout allait bien dans ma vie. C'est catastrophique d'en arriver à penser ça. En fait le problème n'est pas que tout va mal, le problème c'est que rien ne va vraiment bien. Alors je vais me coller un smile imaginaire sur la figure et m'entraîner à le garder en attendant que tu rentres, je serai peut-être de meilleure humeur.
Je déteste irrémédiablement me lever du pied gauche. D'habitude je fais toujours attention. Vivement demain.
Je t'aime,
Ton petit frangin casse-pied.