Crémaillère improvisée
On ouvre une porte bleutée avec plein de clés. Il y a des méduses flottantes au-dessus de nos têtes, et le numéro 35 sur le mur se décolle un peu. Le vent souffle. On écrit son nom sur la sonnette, je rate un point rose. L'escalier est étroit et tourne illogiquement au bon sens. On se dit que tout le monde n'y passerai pas, et que ce lieu encore étranger serait très vite familier. Deuxième étage, porte d'en face. C'est sa porte, bizarre ! On entre. On trouve ça immense, mais c'est parce que c'est vide. La chambre n'a pas de fenêtre mais une lucarne de bateau ou de chalet alpin. Par contre on peut danser sur les appuis de fenêtre, il y a une rambarde de fer forgée et une mémé en face. Sûrement que deux jolis garçons habitent à côté, on pourra leur demander du sel ou du piment. Le canapé est trop confortable, les tabourets du bar sont bleus et il y a une alcôve, avec Georgia Nicolson et Boris Vian. Le clic-clac est exactement comme celui de notre seconde ville emplie de palmiers, grinçant mais tellement familier. Sur l'unique tableau restant, il y a marqué jazzy, et le micro-ondes décoré proclame "le hip-hop c'est mon pote". La douche ressemble aux wc des Formule 1 , y'a comme un trou au plafond. Le seul récipient est un morceau de frigo, notre premier cendrier. On s'emballe dans des couvertures, et on est bien. Il y aura des rideaux, un vert, l'autre avec des pois, une table verte. Un tapis rouge en dessous d'une table basse repeinte par nos soins. Un lit deux places et un matelas caché pour accueillir du monde. Il y aura des visages d'enfants au mur, plein de fromages au frigo. Il y aura des rires, de la musique et de la fumée dans ces pièces. Et c'est chez elle, dingue!

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